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Johnny : l’overdose

Johnny

Funérailles nationales, émissions spéciales sur toutes les chaines, hommages unanimes du showbiz, des politiques et des sportifs, couverture des Inrocks : si vous revenez d’une retraite d’une semaine dans le désert de Gobi, vous pouvez légitimement penser que Nelson Mendela, Simone Veil et Bob Dylan se sont crachés dans le même avion. Et ben non, c’est le saltimbanque Johnny qu’on enterre, et pas une seule voix pour trouver ça indécent. La peur peut-être ?

Politiquement réac

Certes, on doit respecter la carrière du bonhomme, sa persévérance et son flair à ses débuts, sa présence sur scène, sa longévité exceptionnelle et bien entendu ses chiffres de vente. Mais bon, le gars n’a pas sorti une bonne chanson depuis que les murs de Paris proclamaient « Sous les pavés, la plage » et l’idole des jeunes fascinée par l’american way of life a vite laissé la place à un bon petit blanc bien réac, en témoigne sa chanson « Cheveux longs idées courtes » qui s’en prend à Antoine et plus largement au mouvement hippie. De ce point de départ jusqu’au Fouquets en 2007, le chanteur a soutenu, à travers Giscard, Chirac et bien entendu Sarkosy, un modèle de société qui fait la part belle aux riches. On est bien loin des prises de position d’un Bruce Springsteen ou d’un Neil Young.

Une fan base pas si fidèle

Johnny, c’est avant tout des dizaines de milliers de fans en adoration totale pour leur idole, prêts à dépenser sans compter pour le voir en concert et acheter ses disques à l’aveugle (ou plutôt à la sourde). Et pourtant – et c’est le Figaro qui a eu l’idée de vérifier – au lendemain de la mort de Johnny, le site Le Bon Coin dégueulait de plus de 17700 petites annonces de produits à son effigie. Pour certains petits marrants, l’occasion de plumer le gogo avec des vestes de scène achetées chez Babou, mais pour la plupart, une manière somme toute légitime de récupérer un peu de l’oseille qui lui a permis d’être propriétaire sur la côte d’azur, à Gstaad, à Saint-Barthélémy et dans les Hauts-de-Seine.

La théorie du complot

On ne reviendra par sur le fait que l’ex-mannequin Laetitia et sa famille ont mis leurs grosses pattes crochues sur le business Johnny. Après tout, vivre plus de 20 ans avec une momie mérite salaire. Parlons plutôt timing et ventes de disques. Universal, c’est la maison de disque historique de Johnny, celle qui possède l’essentiel de son « back catalogue », autant dire une mine d’or. Précisons qu’Universal est à la richesse de la scène musicale ce que Monsanto est à la biodiversité. Or donc, Johnny claque 3 semaines avant Noël et personne ne dit rien ? Ca se trouve, le gars est mort au mois d’août et a patienté 3 mois dans le congélo que la période soit plus propice aux ventes ! 

Nous savons cette prise de position risquée. On va nous accuser de cracher dans la soupe, nous qui avons vendu pas moins de 8 disques vinyles de Johnny depuis le 6 décembre. A la limite, on pourrait presque dire que Johnny n’y est pour rien, dans un monde médiatique où décence est un gros mot. Alors salut l’artiste et bon(nes) vent(es).

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